Paraty, entre mer, montagne et douceur de vivre


La route qui nous mène à Paraty, en longeant la Costa Verde, est une merveille en soi. Elle serpente entre les collines couvertes de forêts luxuriantes, et chaque virage dévoile un peu plus de cette nature tropicale qui semble infinie. Nous arrivons à Praia Grande, où nous attend Peggy, une Alsacienne installée au Brésil depuis quatre ans. Elle nous accueille chaleureusement dans un chalet magnifique, perché face à la mer. Une hôte exceptionnelle, attentive, généreuse, pleine de petites attentions. Le lieu est paisible, l’endroit parfait pour poser ses valises.


L’après-midi, nous partons explorer Paraty. La ville est un bijou colonial figé dans le temps. Les maisons blanches, aux encadrements de portes colorés, se reflètent dans les flaques qui persistent entre les gros pavés des ruelles. L’ensemble est saisissant de beauté.

On se laisse porter par l’atmosphère tranquille de cette ville qui fut, au XVIIe siècle, un port important pour l’exportation de l’or vers Lisbonne. Le centre historique, parfaitement conservé, est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le soir, on flâne entre les galeries d’art, les boutiques d’artisanat, et les restaurants éclairés à la lueur des lampadaires à la lumière chaude. On s’y sent bien, tout simplement.


Le lendemain, je me réveille tôt, pendant que Salvatore termine sa nuit. Je sors admirer le lever du soleil sur la mer.

Le spectacle est saisissant, silencieux, paisible. Ce moment deviendra ma petite routine matinale, un rituel que je ne manquerai plus. Retour au chalet où je rejoins Salva. Nous dégustons le succulent petit déjeuner de Peggy avec la vue imprenable sur la baie de Paraty avant de partir à l’aventure.



Cette journée-là, nous partons pour une randonnée au Pain de Sucre du Saco do Mamanguá, accompagnés de Paco, un Brésilien passionné.

Pendant une heure et demie, nous grimpons à travers la forêt, tout en écoutant ses récits de voyage, ses réflexions sur la vie au Brésil et la passion pour son pays. Une fois au sommet, la vue est incroyable : le fjord tropical s’étend à nos pieds, entre mer turquoise et montagnes couvertes de végétation. Là au loin on discerne les mangroves qui grignotent les derniers mètres de mer avant de laisser la place à là montagne.

On reste là, un instant. Je joue avec mon drone pendant que Salvatore et Paco continuent leur discussion assis sur le rocher perché à 450 mètres  face au bijou qui s’offre à nos yeux.


Le jour suivant est spécial. On fête nos 14 ans ensemble. Peggy, toujours attentionnée, nous prépare de délicieux petits gâteaux pour marquer le coup. Son geste nous touche beaucoup.

Pour célébrer, nous embarquons avec Mateus, qui nous fait voguer d’île en île dans la baie de Paraty.

Chaque arrêt est une carte postale : plages cachées, granit poli par le temps, forêts qui tombent dans la mer.

L’eau varie entre le turquoise et le bleu profond. C’est beau, simple, parfait.


Le soir, retour dans les rues de Paraty, que nous commençons à bien connaître. On tombe sur une soirée samba, joyeuse et animée, où nous faisons la rencontre de deux Paulistes pleines d’énergie. “Vous êtes gays ? Mais que faites-vous ici ? Vous savez que Lady Gaga est à Rio demain ? Tous les gays du Brésil y seront !” Gabriella plaisante, mais on sent bien qu’elle appuie là où ça fait mal! Pourquoi Mama Monster a t elle annoncée son concert si tard ?!


Pour notre dernier jour nous prenons la  direction les montagnes pour une dégustation de cachaça et une baignade dans les cascades de la Mata Atlântica. La forêt est dense, l’eau est fraîche, l’expérience est revigorante.


Le soir, dernière balade dans Paraty. On s’imprègne une ultime fois de son ambiance unique. Nous faisons nos emplette et nous offrons une œuvre d’art. Le cœur serré, on sent déjà que le départ approche. 


Chaque matin, Peggy promène ses chiens sur la plage voisine. Ce matin, comme chaque matin depuis quatre jours, nous nous croisons, moi perché sur mon rocher à saluer le réveil de l’astre solaire, et Peggy court sur la plage avec ses amis canins.

  On discute face à la mer, dans cette lumière dorée qui réchauffe autant la peau que le cœur. Je sens qu’il y a une connexion entre elle et moi qui est particulière.

Il est temps de partir. Notre discussion semble vouloir toujours se poursuivre sur les marches du chalet. Salva maintenant réveillé se joint à nous. Je sens une petite émotion en lui disant au revoir.

On prend la route vers Cunha, perchée à 1 500 mètres d’altitude. Le paysage devient plus alpin, un contraste saisissant avec la mer. Puis viennent les bouchons sans fin de São Paulo, qui nous ramènent brutalement à la réalité. Une dernière étape nous attend… mais Paraty, elle, restera longtemps avec nous.